« People and Places : a new chapter ».

Theme du MAPIC 2021

Après plusieurs mois de crise sanitaire, des fermetures en cascade et un MAPIC 2020 uniquement virtuel, le thème de cette année en disait long sur la valeur du lieu et du réel.

Le renouveau des lieux commerciaux est aujourd’hui le phénomène le plus important dans la création de nouveaux lieux de loisirs en contexte urbain. Un phénomène qui n’est pas nouveau, avant même l’essor du shopping en ligne, mais qui est maintenant largement généralisé. Un salon spécialisé comme le MAPIC, se doit d’être à la fois le reflet et l’agitateur de cette tendance de fond. En 2017, la présence d’un groupe de loisirs comme Parques Reunidos comme sponsor de sa « Leisure Zone » avait été un des éléments déclencheurs dans la création de Funfaircity. Puis, le Leisure Day en 2019 avait initié la structuration d’un grand évènement susceptible de rassembler les univers des loisirs et des commerces. Depuis, pas mal d’eau a coulé sous les ponts et parfois de manière turbulente.

Où en sommes-nous désormais ? Cette édition du MAPIC 2021 était une belle occasion de faire le point !

LE SALON

En tant que tel, c’est salon plus « concentré » en taille mais, aux dires des exposants rencontrés : plus efficace. La qualité des visiteurs prend également le pas sur leur quantité. L’international est bien représenté avec des professionnels du Mexique, d’Israël et de l’Arabie Saoudite rencontrés à l’occasion du Leisure Workshop.

Dans les allées du salon (c) MAPIC

Parmi les exposants, la moitié relève des loisirs. Pour le reste, l’essentiel relève des grands foncières et de leurs services, notamment innovants. A noter la présence de plusieurs territoires (voir ci-après).

Les loisirs :

Sur le plateau des loisirs à noter un beau stand collectif, le « Village des loisirs by Altiplano » qui met en avant l’eco-systeme loisirs Français, fournisseurs et opérateurs : Climb Up, Arcadrone, Bigger Inside, …

Egalement, un stand « Experience UK », un collectif commercial qui met en avant le savoir-faire des entreprises anglais en matière de loisirs expérientiels et de création de destinations. Leur site et leur newsletter est d’un grand intérêt.

Enfin, parmi les intervenants et exposants, un bel aperçu de la diversité des formes de loisirs que l’on peut retrouver en ville :

Le Puy Du Fou (exploitant, parcs, spectacles et resort), Gravity Active Entertainment (FEC), Zero Latency (VR), Dutch Wheels (Grandes roues), KCC (design), TheLeisureWay (design), Walltopia (loisirs actifs), Jora Vision (design), Wavesurfer (vagues artificielles), Proslide (équipements de parcs aquatiques), Fun spot (loisirs actcifs), Pro Urba (paysage, aires de jeux, espaces sportifs), Aerophile (ballons captifs), Hofy (immersion high-tech), Xtrem Aventures (loisirs actifs), PlayMart (jeux), Valke (Bowling), …

Des stands de taille réduite mais dont certains permettent quelques essais ! (c) MAPIC

Les territoires :

Les villes et les territoires était également représentés. En effet, certaines stratégies d’attractivité nécessitent une approche commerce et loisirs de plus en plus fine. Les villes petites et moyennes sont peut-être en train de tirer avantage des nouvelles attentes des citadins en quête d’un cadre de vie plus agréable. Si les conditions d’emploi permettent à des familles de s’y installer, la qualité de l’offre commerce et loisirs les inciteront à rester.

Cette année, des villes très diverses comme Charleroi, Saint Nazaire, Nice, Saint Omer ou Mons ont pu dérouler, à l’occasion des City Talks, leur plan de développement commercial pour attirer de nouvelles enseignes.

LES CONFÉRENCES

Les conférences sont très suivies sur place et nul doute qu’elles le seront également en ligne (replay jusqu’au 31/12 sur la plate forme en ligne). Parmi les conférences suivies :

Session d’ouverture avec Philippe Houzé (Galeries Lafayette) :

  • Un rappel utile des révolutions successives depuis le « grand magasin » de centre-ville : l’hyper-marché, les magasins « spécialisés » (Darty, Fnac, …), l’essor de la fast fashion, les centres commerciaux (10 fois plus grands), le e-commerce, l’impact du covid, … c’est un secteur qui est bel est bien toujours en mouvement.
  • Un rapport numérique / physique qui se pacifie. Chacun a ses atouts, chacun a ses faiblesses. Mais ils sont finalement faits pour s’entendre.
  • Une phrase :

«  Le commerce en ligne, c’est pour l’efficacité. Le commerce physique, c’est pour le plaisir. »

Philippe Houzé (Galeries Lafayette)

Et c’est dans cette logique que les loisirs et les expériences ont de plus en plus leur place dans les grands lieux du commerce.

Leisure Talks :

Les Leisure Talks étaient l’occasion pour de nombreuses entreprises de présenter en quelques minutes leur approche loisirs et leurs solutions. Un format très intéressant et, là aussi, très suivi. La plupart des entreprises intervenantes ont déjà eu l’occasion d’être citées sur le blog (UCPA, Altiplano, Neo Xperience,…) mais une d’entre elle montrait un concept de cinéma tout à fait novateur : OMA Cinema. Une belle découverte pour un acteur qui annonce sur son site avec une première salle en construction. A suivre !

Les autres sessions :

La session d’ouverture est axée sur la nouvelle ère des relations entre loisirs et commerce. Sous la modération de Charles Read (Blooloop), Nicolas de Villiers (Puy du Fou) et Pascal Ferracci (Parques Reunidos) évoquent les grandes forces de l’industrie des loisirs, son rapport à l’émotion, sa capacité à créer de la nouveauté. Ils ont aussi débattu sur le rôle du numérique, à la fois menace sur les activités à vivre ensemble et formidable outil pour dialoguer avec ses visiteurs – avant ou après sa visite – et pour faciliter leur expérience sur place. A la question du lien entre les loisirs et leurs territoire, Nicolas de Villiers à évoqué l’imaginaire collectif dont dispose déjà un territoire, une ville et qu’il doivent valoriser par l’expérience. Pascal Ferracci, lui, a insisté sur l’intégration nécessaire des loisirs aux territoires par le développement durable, par les transports et par l’activité économique (emploi, formation, …). Enfin, en conclusion, les deux intervenants s’accordent sur la « double » valeur des loisirs. La valeur « immatérielle » des souvenirs créés et la valeur « bien réelle » d’un CAPEX important dont la rentabilité est indispensable à la pérennité d’un lieu.

Cette séquence est aussi l’occasion d’en apprendre un peu plus sur SAGA, le grand spectacle immersif interactif que le Puy du Fou prépare à Shanghai. L’aventure commencera dans un restaurant. Chaque participant sera ensuite invité à se rendre dans une pièce ou il aura le choix entre trois portes… pour le reste, mystère !

Des conférences et intervenants toujours aussi pertinents (c) MAPIC

La seconde conférence très intéressante concernait le rôle des nouveaux FEC (Family Entertainment Centers) dans les relations sociales. Menée avec brio par Massimiliano Freddi, cette session d’une grande richesse rassemblait François Pain (Tfou Parc), Guillaume Chêne (QubicaAMF) et Mickael Harrisson (Gravity Active Entertainment). Parmi les grands thèmes abordés :

  • Les nouveaux FEC sont maintenant plus que des « multi-activités », ce sont des attractions familiales. Ce nouveau modèle du « all under one roof » marque, selon les participants, l’avenir des relations entre les loisirs et le commerce avec le modèle du dernier né de Gravity, le site de Wandsworth. Ils génèrent une fréquentation dont ont désormais besoin des grands lieux de commerce.
  • Ces nouveaux FEC sont des vecteurs de vie pour toutes les générations dans les lieux où ils s’implantent. Le design y joue un rôle important et tous type d’activité peuvent s’y associer (Guillaume Chêne rappelait les prix gagnés par le site Up2Play et la présence de ses salles de séminaire et de travail collaboratif).
  • L’importance de la localisation : être en ville permet à un lieu de loisirs d’être conçu « pour les gens et par les gens » (François Pain). C’est l’émergence de l’idée d’une communauté de visiteurs avant celle d’une simple « cible ». La qualité d’un emplacement, c’est aussi une meilleure fréquentation et un modèle économique plus profitable aux foncières. Les loisirs – et ce fut rappelé à maintes reprise lors du salon – ne doivent pas combler un vide. Enfin, la proximité est une valeur qui prend de plus en plus de sens : « on ne va pas à Disneyland tous les jours ».

Cette conférence fut aussi l’occasion d’en apprendre plus sur l’un des créateurs de Gravity, une des enseignes de FEC dont le développement est le plus impressionnant. « Né dans le loisirs » au sein d’une famille de forains anglais et rapidement déscolarisé, Mickael Harrisson a créé Gravity il y’a six ans avec des amis, exploitant la tendance pour les loisirs actifs et celle du retailtainment. Aujourd’hui, Gravity c’est 700 employés pour 15 sites en Angleterre et un, tout nouveau, à Leipzig en Allemagne. Mickael est le « Chief Growth Officer » de cette enseigne.

Gravity Wandsworth (source : officielle)

Enfin, la conférence sur le contexte français a mis en évidence le rôle que peut tenir l’art et la culture dans la nouvelle identité des lieux :

LES EVENEMENTS « CLOSED DOORS » :

Autres temps forts du MAPIC, plusieurs évènements sur invitations étaient organisés afin de permettre des échanges plus ciblés en petits groupes. Au programme, des interventions de grande qualité (Mycotoo, Leisure Development Partner) et des petites tables rondes facilitant les échanges entre personnes d’univers professionnels et de nationalités variées.

Concepts with a competite edge such as mini-golf are not just about the activity but also the social experience and the F&B that goes alongside it”

Yael Coifman, Senior partner, Leisure Development Partners

L’évènement « Destination France » a permit d’écouter le Maire Adjoint de Cannes (Thomas de Pariente) présenter ses projets d’attractivité pour La Croisette et le quartier de La Boca. Ensuite, des échanges par table ont pu se tenir et mettre en rapport des collectivités et des acteurs des loisirs et du commerce.

LES ANNONCES

Parmi les annonces du salon, celle relative à Batman Gotham City Adventures (Dama Dreams, Warner, DC Comics – voir l’actu Décembre 2021). Une conférence était dédiée à l’évènement.

Et celle, en marge du salon, de l’ouverture d’un Illucity au sein du nouveau complexe cinématographique Le Cineum (Cannes La Boca).

Cineum Cannes La Boca (source : Illucity)

LES « A COTE » :

Ces grands évènements sont aussi l’occasion de très agréables à coté avec des relations que l’on a peu l’occasion de rencontrer en vrai. Ce fut l’occasion d’une soirée Celebrating Life à Cannes La Boca avec le test de Quiz Boxing (Curious World, merci à Tibaut Marzano pour son accueil) et un diner à la brasserie du Cineum.

LE BILAN :

  • Des territoires présents, acteurs de leur attractivité et bien résolus à en maitriser les outils.
  • Des foncières ouvertes à toutes les évolutions pour transformer leurs actifs en lieux de destination et de vie.
  • Des loisirs désormais à la fois solides dans leurs bases et toujours très créatifs
  • De nouveaux acteurs et des innovations
  • Une rapport physique / numérique dans le complément et non plus dans l’affrontement
  • Un salon qui permet des rencontres et des échanges

Qui sait où nous en serions s’il n’y avait pas eu ce virus !

Rendez-vous est naturellement pris l’année prochaine pour un nouveau point d’étape dans le bouleversement des relations entre territoires, commerce et loisirs. Le MAPIC 2022 aura lieu du 29 novembre au 1er décembre 2022 au Palais des Festivals de Cannes.

A la fin du salon, il est annoncé que Francesco Pupillo prend la suite de Nathalie Depietro.

Funfaircity lui souhaite le meilleur ainsi qu’à toute son équipe !


Le mot de la fin, en image :